Considérée en avril dernier par l’Ong International Crisis Group -dans l’un de ses rapports sur le Cameroun- comme la seule institution, mieux le seul acteur capable de « promouvoir le dialogue entre les insurgés (les séparatistes anglophones, ndlr) et le gouvernement », l’église catholique du Cameroun vient de se prononcer sur les élections présidentielles du 7 octobre 2018 et les élections législatives et municipales prévues en 2019 au Cameroun.

C’est dans une lettre épiscopale datée du 24 août et signée de son président, Monseigneur Samuel Kléda, Archevêque métropolitain de Douala, que la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun  a rendu publique sa position et ses attentes relatives à ces échéances. Position et attentes qui valent également interpellation des populations camerounaises en général, électeurs et candidats en particulier.

En substance, dans leur lettre au « peuple de Dieu qui est au Cameroun », et « à tous les Camerounais », les éminents membres du clergé qui invitent les chrétiens à « promouvoir la candidature d’hommes compétents et honnêtes », demandent de voter lors des prochaines échéances électorales, pour des « candidats capables de faire face à la crise socio-politique » que traverse le Cameroun, et à même de « promouvoir l’unité du pays, son indépendance véritable ».

Dans cette optique, la CENC, par la plume de Mgr Kleda, suggère aux électeurs, en leur qualité de souverains mandants des dirigeants du pays, de s’intéresser exclusivement aux programmes politiques qui « apportent les solutions réelles aux problèmes que connait le pays ».

L’Archevêque métropolitain de Douala qui s’inquiète du fait que les crises dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest,  l’insécurité dans la région de l’Extrême-Nord où la secte terroriste de Boko Haram se livre régulièrement à des attentats meurtriers contre les populations et les forces de défense camerounaises, et l’extension dans la région de l’Est du du conflit centrafricain pourraient « perturber le déroulement serein et pacifique des élections au Cameroun, appelle également  « à des élections apaisées, libres et transparentes » censées garantir « la paix, la stabilité et la justice ».

Les laïcs appelés à plus d’engagement

Pour finir, la lettre épiscopale qui met en exergue l’intérêt de l’église pour la gestion des affaires  publiques appelle les laïcs à «s’engager dans la vie de la Nation, pour une vraie démocratie, par amour pour Dieu et pour les hommes. » : « … nous souhaitons que chaque chrétien et surtout chaque électeur, connaisse suffisamment la législation sur les élections », écrivent les évêques.

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