Saint Augustin « savait que celui qui préside une communauté doit d’abord savoir qu’il est le serviteur de tous », déclare le cardinal canadien Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques. Sa vie, souligne-t-il, est un exemple aussi pour nos jours, quand il n’est « pas du tout facile d’assumer et de porter jusqu’au bout le poids de la responsabilité qu’implique l’exercice du ministère épiscopal. »

Le cardinal a présidé la messe pour la fête du saint de Thagaste le 28 août 2018 à la basilique San Pietro in Ciel d’Oro (Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or) à Pavie, en Italie du nord, indique L’Osservatore Romano en italien du vendredi 31 août 2018. C’est là que repose saint Augustin depuis le VIIe s.

Saint Augustin « vivait dans une pauvreté digne, découvrant la parole de Dieu, l’Eucharistie et la vie commune comme le seul bien nécessaire à la vie », a expliqué le card. Ouellet. Surtout, « le respect et l’amour des frères, au nom du Christ, étaient d’une importance fondamentale pour sa croissance spirituelle en tant que chrétien et comme évêque ». Il aimait répéter à sa communauté : « Pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien ».

Le préfet de la Congrégation pour les évêques a retracé brièvement les étapes de la vie d’Augustin : son baptême reçu d’Ambroise, évêque de Milan, puis la vie monastique, son ordination, presque « contre sa volonté », sa contribution édifiante au conseil plénier de l’Afrique en 393, et, enfin, une invitation d’être coadjuteur de l’évêque Valerius à Hippone.

Immédiatement, a noté le card. Ouellet, saint Augustin incarne « le style de vie de la première communauté chrétienne », celui décrit dans les Actes des Apôtres.

C’était un pasteur « humble », a poursuivi le cardinal, qui « n’a pas occupé des postes clés » et qui a réussi « de son bureau, de sa table de travail et de sa cathédrale modeste » de faire rayonner « sa pensée éclairante et extraordinaire aux extrémités du monde de l’époque et de notre temps ».

« La porte de sa maison était ouverte à tous, et sa table a accueilli toutes sortes de gens », a expliqué le cardinal. C’était un évêque qui « ne possédait pas d’objets de valeur, mais seulement une simple tunique noire qui faisait ressortir son regard intense et sa tête complètement rasée. » « Il a laissé l’administration des biens temporels à autrui », a fait noter le cardinal Ouellet. En tant que pasteur, saint Augustin « considérait comme son premier devoir le ministère de tous les jours, de quotidienneté ».

Le portrait dessiné par le cardinal canadien reprend celui du pasteur exemplaire indiqué par les documents du Concile Vatican II : « un homme aimable, … calme, proche du peuple, capable d’amitié sincère et profonde avec tout le monde ; père, frère et ami de ses prêtres, capable de supporter le poids des responsabilités inhérentes aux décisions que lui seul doit prendre ».

En lui, a conclu le cardinal Ouellet, « le génie obéit au pasteur. Sa sainteté est due au fait qu’Augustin a passé son génie au service des âmes et qu’il était pasteur selon le cœur de Dieu ».

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