Sœur très chère, ou plutôt Dame que je ne saurais trop révérer puisque vous êtes à la fois épouse, mère et sœur de mon Seigneur Jésus-Christ, armez-vous de courage pour le service de Dieu sous le glorieux étendard de l'inviolable virginité et de la très sainte pauvreté ; conservez au cœur le brûlant désir de vous unir au Christ pauvre et crucifié, qui a souffert pour nous tous le supplice de la croix, qui nous a ainsi arrachés à la puissance du prince des ténèbres dont la faute de nos premiers parents nous avait rendus esclaves et qui nous a réconciliés avec Dieu son Père. Ô bienheureuse pauvreté, qui prodigue des richesses éternelles à ceux qui l'aiment et la pratiquent ! Ô sainte pauvreté, en échange de laquelle Dieu offre et promet formellement le royaume des cieux, la gloire éternelle et la vie bienheureuse ! Ô chère pauvreté, que le Seigneur Jésus-Christ a daigné préférer à toute autre chose, lui qui, de toute éternité, régnait sur le ciel et sur la terre, lui qui a parlé et tout a été fait ! Les renards, disait-il, ont une tanière, et les oiseaux du ciel leur nid, mais le Fils de l'Homme, c'est-à-dire le Christ, n'a pas trouvé où reposer sa tête ; quand il a laissé reposer sa tête, ce fut pour jamais, et il rendit l'esprit.