Le Seigneur, se cherchant un ouvrier dans la foule à laquelle il lance ses appels, dit : « Qui est celui qui veut la vie et souhaite voir des jours heureux ? » (Ps 33,13) Si, entendant cela, tu réponds : « Moi ! », Dieu te dit : « Si tu veux avoir la vie, la vie vraie et éternelle, garde ta langue du mal, et que tes lèvres ne disent pas de parole trompeuse. Détourne-toi du mal et accomplis le bien, recherche la paix et poursuis-la » (Ps 33,14-15). (...) Quoi de plus doux pour nous, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa bonté, le Seigneur nous indique le chemin de la vie. Ayant donc ceint nos reins (Ep 6,14) de la foi et de la pratique des bonnes actions, sous la direction de l'Évangile, avançons sur ses routes, afin que nous méritions de voir celui qui nous a appelés dans son Royaume (1Th 2,12). Si nous voulons habiter dans les tentes de ce Royaume, à moins d'y courir par les bonnes actions, on n'y parvient absolument pas. Avec le prophète, interrogeons le Seigneur et disons-lui : « Seigneur, qui habitera sous ta tente ? Qui reposera sur ta montagne sainte ? » (Ps 14,1) Après cette demande, frères, écoutons le Seigneur nous répondre en nous montrant le chemin. (...) Nous allons donc établir une école du service du Seigneur, où nous espérons n'établir rien de rigoureux, rien d'accablant. Mais s'il se présentait quelque chose d'un petit peu sévère, exigé pour une raison de justice à cause de la correction des vices et du maintien de la charité, ne fuis pas aussitôt, frappé de terreur, le chemin du salut, où l'on ne doit s'engager que par une porte étroite. D'ailleurs, grâce aux progrès de la vie et de la foi, le cœur dilaté, dans l'ineffable douceur de l'amour, on court dans la voie des commandements de Dieu (Ps 118,32). Ainsi, ne nous écartant jamais de son enseignement et persévérant dans sa doctrine (...) jusqu'à la mort, nous participerons par la patience aux souffrances du Christ (1P 4,13) pour que nous méritions d'avoir part aussi à son Royaume.