Hilary, dans le siècle Pawel, Januszewski naît le 11 juin 1907 à Krajenki en Pologne. Il fut éduqué au collège de Greblin puis à Cracovie.

En 1927 il entra chez les Carmes à Lwow et prit le nom d’Hilaire lorsqu’il fit sa profession en 1928. Il étudia la philosophie à Cracovie, puis au collège international Saint-Albert à Rome.

Il fut ordonné prêtre le 15 juillet 1934 et retourna en 1935 au couvent des Carmes à Cracovie. Il devint professeur de théologie dogmatique et d’histoire de l’Église pour la province des Carmes de Pologne. Il avait une personnalité simple et plutôt silencieuse. Il était fidèle aux pratiques quotidiennes de piété.

En 1939 il fut nommé prieur de sa communauté à Cracovie, deux mois après l’ occupation de son pays par les Allemands (à l’Ouest) et les Soviétiques (à l’Est). Le 18 septembre 1940 quatre frères du couvent furent déportés par les Allemands (Urbanski, Majcher, Wszelaki, Nowakowski) parce qu’ils avaient prêché en polonais dont l’usage public était interdit. La Gestapo revint en décembre pour en arrêter d’autres. Cette fois-ci Hilaire prit la place d’un frère âgé et malade et commença son calvaire qui allait durer plus de quatre ans. Emprisonné à la prison de Montelupi à Cracovie il fut déporté à Sachsenhausen, puis en avril 1941 à Dachau. Il encourageait ses compagnons par la prière et le soutien dans la Foi. Le 16 juillet 1942 les prêtres carmes et les autres religieux enfermés dans la même baraque purent célébrer, dans cet atroce environnement, la fête de ND du Mont Carmel avant la journée de travail.

Pendant l’hiver 1945 la vie au camp devint encore plus insupportable : les soldats allemands commençaient à montrer des signes de panique alors que la guerre semblait perdue pour eux. Les kapos (prisonniers qui surveillaient les autres déportés) multipliaient les sévices pendant que la région subissait les bombardements alliés. Dans le baraquement 25 des Russes, le typhus vint à se propager et le Père Hilary demanda d’y déménager avec d’autres prêtres pour assister les malades. Son apostolat allait durer 21 jours…

Le Père Januszewski mourut du typhus le 25 mars 1945, un mois avant la libération du camp par les Américains le 29 avril. Son corps fut brûlé dans un four crématoire. Le Père Urbanski, qui survécut, rendit témoignage du sacrifice de son prieur. De nombreux Carmes polonais moururent dans les camps de concentration dont les Pères Kozan, Buszta, Makowski, etc…

Le 13 juin 1999, au cours de son plus long voyage en Pologne (5-17 juin), Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) a béatifié, à Varsovie, le P. Hilary Januszewski et 107 autres martyrs polonais, victimes du nazisme pendant la seconde guerre mondiale.

Les 108 martyrs proviennent de 18 diocèses et de 22 familles religieuses. Il y a des prêtres, des religieuses et des laïcs dont la vie, entièrement dédiée à la cause de Dieu, et dont la mort, infligée par la haine à la foi, portèrent l’empreinte de l’héroïsme. Parmi eux, il y a trois évêques, 52 prêtres diocésains, 26 prêtres religieux, 3 séminaristes, 7 frères religieux, 8 sœurs et 9 laïcs. Ces proportions numériques sont liées au fait que le clergé fut le principal objet de la haine de la foi de la part des nazis de Hitler. On voulait faire taire la voix de l’Église retenue comme obstacle à l’instauration d’un régime fondé sur une vision de l’homme privé de la dimension surnaturelle et traversé de haine violente. Dans l’ensemble des 108 Martyrs il y a toutes les composantes de l’Église, c’est-à-dire, évêques, clergé diocésain, religieux et laïcs. Un représentant de chacune de ces catégories figure dans le titre de la cause de béatification.

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